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  • Manon Douard

Comment je suis devenue photographe de mariage

Dernière mise à jour : 4 janv.

Salut toi,


Comme énormément de photographes de mariage, j'ai choisi ce métier à la suite d'une reconversion professionnelle. A l'époque, j'ai cherché des témoignages de personnes étant déjà passées par cette étape délicate de la reconversion, et j'en ai trouvé assez peu.


Aujourd'hui, j'ai donc décidé de revenir sur mon parcours, d'une part pour informer les futurs mariés que ça pourrait intéresser (et rassurer), d'autre part pour les photographes en herbe qui pourraient être tentés par l'aventure de la reconversion professionnelle.



Mon parcours avant la photographie de mariage


Je traverse toutes mes études supérieures avec la même ambivalence : un réel désir de faire de mon mieux et de m'investir dans ce qu'on me demande teinté de l'impression tenace de ne pas être à ma place. Je me suis, globalement, toujours ennuyée en cours, et ce depuis le lycée. J'en étais d'ailleurs arrivée à la conclusion que c'était normal. Je valide un master de droit public - quiconque me connaît sait que je suis faite pour faire du droit public comme une girafe pour faire du bobsleigh. Ma conclusion à l'issue de mon master c'est que le droit, non merci. J'arrive donc sur le marché de l'emploi avec environ zéro projet professionnel. Comme je sors d'études supérieures très généralistes, l'argument "avec ce diplôme tu pourras presque tout faire !" se retourne contre moi parce que ce que je veux faire, je n'en sais fichtrement rien.


Je suis successivement ingénieur d'affaires dans une société de conseil puis commerciale dans une société de BTP. A nouveau, le même sentiment de malaise et de désintérêt pointe son nez, mais l'ayant connu durant toutes mes études, je ne m'en alarme pas plus que ça : c'est sans doute normal (spoiler : non). Et puis, ce n'est pas comme si j'avais une idée précise de ce que j'aimerais faire, un objectif défini en ce qui concerne mes ambitions professionnelles, alors autant rester "dans les clous" : CDI, bon salaire, stabilité professionnelle.


A la même époque, sur le plan de la photographie, je commence à vouloir progresser sérieusement. Je prends des photos depuis plus de dix ans mais jusqu'ici je n'ai jamais fait l'effort de regarder/lire des tutos et d'apprendre à réellement maîtriser mon matériel. A ce stade, c'est toujours un hobby, et l'idée ne m'effleure même pas d'en faire un jour un métier. Je crois que je me suis auto persuadée que c'était un métier totalement bouché, un rêve irréalisable, un peu comme astronaute ou chanteur.



Ma découverte du monde de la photographie de mariage


En 2018, je commence à préparer mon mariage : chercher un lieu, appeler des prestataires... Arrive le moment de la recherche du photographe. Je rencontre Amandine, une photographe bretonne qui devient ma photographe de mariage. A son contact, j'entrevois un métier créatif qui s'appuie sur un loisir que j'ai depuis des années maintenant. Le premier pas vers ce métier se fait pendant ma séance d'engagement. Je me souviens très bien m'être dit : "Cette fille passe ses journées dehors à faire des photos, ça doit être merveilleux, j'adorerais être à sa place." Jusque là, je n'avais jamais vraiment réfléchi à la photographie de mariage. C'est un milieu que je ne connaissais pas du tout.


Je n'en ai pas encore pleinement conscience, mais la graine est plantée. Toute à la préparation de mon mariage, je n'y repense pas plus que ça. Et puis c'est un projet totalement fou : tout plaquer et partir faire le métier le plus prisé en reconversion ? Celui où 90% des gens qui se lancent ne tiennent pas deux ans ? Mais quelle excellente idée, ne faisons surtout pas ce choix.


Arrive mon mariage : je passe une merveilleuse journée et je rentre avec mon désormais-mari sur Paris. Le retour à la réalité accentue mon mal-être, sans doute parce que le passage en 48h d'une situation de bonheur total à l'anxiété d'un boulot pour lequel je ne me sens ni faite ni douée est un chouïa violent.


Je subis ma journée du lundi et dès mardi soir je téléphone à Amandine en rentrant du travail : "Je crois que je ne supporte plus mon boulot : peux-tu m'expliquer comment faire le tien ?"


Les étapes de ma formation à la photographie de mariage


Amandine va être ma bouée de sauvetage : elle prend énormément de temps pour m'expliquer son parcours, son apprentissage de la photo, de la photo de mariage en particulier, comment elle a géré sa communication et le démarchage commercial à ses débuts, bref, elle me donne énormément d'informations, elle prend le temps de me parler de son parcours, de m'aider comme elle peut.


Accompagner un photographe de mariage professionnel sur un de ses évènements


Amandine me donne la possibilité de l'accompagner sur un mariage afin 1) de confirmer que ce métier pourrait me plaire 2) de constituer de premières images à utiliser pour mon portfolio.

Bien sûr, j'interviens totalement gratuitement et je dois être attentive à chaque instant à ne surtout pas gêner Amandine qui est rémunérée et dont le travail est évidemment le plus important. Les photos que je réalise me servent pour mon portfolio et sont un bonus pour les mariés à qui je les remets (ça me permet aussi d'avoir leur avis et de voir où j'en suis dans ma progression).



En tout, je couvre deux mariages dans ces conditions aux côtés d'Amandine. C'est une expérience que, je le réalise aujourd'hui, peu de photographes de mariage ont la chance d'avoir. On met des mois, des années à construire une image de marque cohérente et solide, et elle peut être mise à mal en quelques heures par quelqu'un qui manquerait de professionnalisme. Or, quand on ne connaît pas très bien le photographe qui nous contacte pour venir avec nous en mariage, on ne peut jamais être totalement sûr de ses réactions, sa gestion du stress, son savoir-être, etc. Je suis très reconnaissante à Amandine d'avoir pris ce risque pour moi. Je lui dois en grande partie de faire ce métier aujourd'hui.


Nota : Amandine avait émis une condition - qui relève de l'élémentaire bon sens : que je sois techniquement assez à l'aise pour faire mes photos de mon côté sans lui poser des questions tout le temps. En prestation, elle n'avait évidemment pas le temps de me former. Répondre à quelques questions de temps en temps, oui, me superviser comme un professeur, pas du tout. Techniquement, je devais donc avoir des bases.


En parallèle, côté boulot, mon patron arrive à la même conclusion que moi et me propose une rupture conventionnelle. Avec mon mari, nous décidons de saisir cette occasion pour enfin quitter la région parisienne. Il a eu une offre d'emploi au Luxembourg : nous voilà donc partis pour déménager en Lorraine. Bénéficiant du chômage, je décide de profiter de cette période pour essayer de me lancer à plein temps dans la photographie de mariage.


Premier mariage aux côtés d'Amandine !


Etape 2 : couvrir un premier mariage seule en tant que photographe de mariage officielle


Avant de partir pour la Lorraine, j'ai l'occasion de couvrir un troisième mariage - seule cette fois, et toujours gratuitement - pour des amis d'amis qui se marient sur les lieux de mon propre mariage. Ils n'ont pas le budget pour un photographe, donc je n'ai aucune pression : toutes les photos que je serai en mesure de leur fournir sont vues comme un bonus (s'ils avaient eu le budget pour un photographe, je ne me serais jamais proposée). Ce compromis me convient parfaitement : j'aurais été incapable de gérer le stress d'un premier reportage de mariage réalisée toute seule avec la pression générée par la rémunération.


Premier mariage en tant que photographe de mariage (non rémunéré, du coup)


Etape 3 : faire valider le reportage par un photographe de mariage confirmé


Une fois ce reportage réalisé et retouché, Amandine passe en revue toutes mes photos et prend le temps de me faire des retours sur ce qui va et ne va pas. Elle me confirme alors qu'elle me considère suffisamment au niveau techniquement pour commencer à facturer de "vraies" prestations de mariage. C'est un peu mon examen de fin d'études ! Je lui suis, là encore, très reconnaissante d'avoir pris le temps de regarder et commenter tout mon reportage. C'est sa validation qui m'a aidé à me sentir plus légitime quand j'ai commencé à facturer mes premières prestations.


A ce stade, je n'ai plus de travail (#youpi), l'aval d'une photographe de mariage chevronnée qui me juge apte à faire ce métier, et je viens d'arriver dans une nouvelle région où il pleut tout le temps c'est un enfer six semaines de pluie après mon installation qu'est ce que c'est que ce pays nom d'un chien.


C'est à ce moment-là que je crée mon activité "officiellement" : création de l'auto-entreprise, rédaction des différents contrats, réflexion autour de ma communication, comment mettre en avant mon travail, création de mon site internet, etc.



Etape 4 : premières prestations de mariage à des tarifs spécifiques


On touche ici à une pratique décriée par certains professionnels : le fait de se "sous-vendre" quand on lance son activité, et ce pour de multiples raisons :

- Pour signer davantage de mariages (dans un premier temps, l'objectif est d'acquérir de l'expérience et de constituer un protfolio)

- Pour aller en prestation avec moins de stress parce qu'on ne pratique pas encore ses "vrais" prix.

- Parce qu'on ne se sent pas encore légitime à pratiquer de "vrais" tarifs (c'est à dire qui permettent de vivre de cette activité).


Personnellement, je n'ai pas de problème avec cette pratique. Je pense que j'aurais eu énormément de mal à me lancer si j'avais dû passer brutalement de prestations non rémunérées à des prestations rémunérées à mes tarifs définitifs. J'avais besoin d'une transition progressive, le temps de me sentir sereine et légitime en prestation.



Etape 5 : les retours et commentaires des autres professionnels du mariage


Je commence à couvrir mes premiers mariages avec le lot de stress et de tâtonnements qui vont avec un lancement d'activité. J'ai la chance de rencontrer deux copines organisatrices de mariage qui apportent énormément à ma pratique photographique, car elles me font des retours très honnêtes sur mon travail et m'aident à progresser sur les différents aspects d'un reportage de mariage : photos de détails (c'est vraiment pas mon truc), flatlays, préparatifs, photos de couple, etc.


Je pense que les retours de professionnels sur son travail, qu'il s'agisse de photographes en lesquels on a confiance, d'organisatrices de mariage, de décorateurs, etc, sont très importants, car ils nous aident à prendre du recul sur notre travail. Aujourd'hui, chaque reportage remis à Sabrina fait l'objet d'un retour de sa part : ce qu'elle préfère, ce qu'elle aime moins, ce qu'il faudrait selon elle retravailler, etc.



Tu peux découvrir le (magnifique) travail d'Amandine par ici, si ça t'intéresse. Pour ce qui est de mes copines organisatrices de mariage, c'est par ici et par là.


Et maintenant ?


Aujourd'hui, j'ai la chance de vivre de la photographie de mariage (même si ma saison 2022 a été amputée de pas mal de prestations à cause de l'arrivée fracassante de ma progéniture. Je t'explique d'ailleurs dans cet article comment j'ai découvert les joies et les contraintes d'être enceinte, voire très enceinte, en prestation de mariage.


Je suis basée en Lorraine, mais j'ai la chance de pouvoir couvrir des mariages dans toute la France, même si j'interviens principalement dans le Grand Est ainsi qu'en Belgique et au Luxembourg, puisque je suis basée près des deux frontières. Comme je suis originaire de Loire-Atlantique, je reviens régulièrement dans l'Ouest pour travailler dans les Pays de la Loire ou en Bretagne. Globalement, je vais partout en fonction des envies des mariés !


Tu peux trouver sur mon site des extraits de galeries de mariage et le formulaire de contact si tu as des questions ou souhaites échanger avec moi au sujet d'un projet de mariage ou de séance !


A très vite,


Manon








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