• Manon Douard

Le mariage de Ludovic et Sarah à Thouaré-sur-Loire

Mis à jour : avr. 11

Ludovic et Sarah m'offrent pour leur mariage un joli cadeau, puisqu'ils se marient au château de Thouaré-sur-Loire, à l’endroit où je me suis moi-même mariée.


C’est la première fois que je reviens sur les lieux depuis mon mariage, ce qui amène forcément son lot d'émotions. Je leur souhaite évidemment d'apprécier autant cette journée que j'avais aimé la mienne.

Côté photo, revenir sur des lieux connus me rassure énormément. Je connais déjà le château, j'ai déjà pu commencer à réfléchir aux endroits que j'avais envie de photographier, à ceux qui ne me plaisaient pas... J'ai aussi pu discuter avec Ludovic et Sarah du lieu où ils pourraient se préparer : je leur ai donné toutes les infos que j'avais moi-même eu à l'époque. "Demande à te préparer dans la jolie chambre rouge !" "Ah bon, on peut ?" "T'as qu'à dire que moi j'avais eu le droit !"

L'enjeu principal de ce mariage réside tout simplement dans sa durée : la cérémonie à la mairie ayant lieu dans la matinée, j'arrive aux alentours de 7h au château pour la préparation des mariés, et repart vers 23h30 après l'ouverture du bal. C'est donc plus de 16 heures de reportage que je vais finalement enchaîner, ce qui nécessite finalement une bonne condition physique, puisqu'on passe la journée à se déplacer, s'accroupir, se relever, s'allonger, non j'ai changé d'avis, je vais aller là, non là, euh, non, ici c'est bien. Bref, mes cuisses n'en demandaient pas tant.


Heureusement pour moi et pour mes nerfs, je ne réalise combien de temps j'ai passé sur place qu'au moment de partir, quand mes jambes commencent doucement à se manifester : "Manon, on a été très efficaces aujourd'hui, mais je te préviens, d'ici 15 minutes, on passe en position horizontale. Débrouille-toi pour ne pas être debout à ce moment-là."


Joie également des particularités physiologiques qui font le bonheur de mon entourage, j'ai tendance à faire des malaises vagaux et des crises d'hypoglycémie : ce n'est clairement pas le jour pour s'illustrer par ce genre de facéties. Et si vous pensez qu'à un mariage, on est bien trop occupés à s'occuper des mariés pour avoir un malaise, détrompez-vous : j'ai déjà comblé des amis en manquant m'évanouir dans la mairie pendant l'échange des consentements. Moi et mon éternel sens du timing.


Mais je m'égare. Revenons-en à nos moutons.


La matinée est consacrée à la préparation des mariés, au château.

Jusqu'ici, aucun problème : je connais les lieux, donc je suis en terrain connu.



Je pensais aussi être en terrain connu à la mairie, mais les circonstances vont un peu nous bousculer. En effet, de gros travaux sont réalisés dans le centre-ville où Sarah et Ludovic se marient. La petite église près de la mairie est cerclée d'échafaudages recouverts de tissu blanc, si bien que de l'église on ne voit que les ardoises du toit et la girouette qui pointe en haut du clocher, les façades disparaissant totalement sous ce drôle de linceul. Impeccable. La grande porte par laquelle sortent d’ordinaire les époux fraîchement mariés est à peine visible au fond d’un amas de tissu blanc. Je savoure ma chance de ne pas avoir à gérer cette problématique : je ne vois honnêtement pas comment faire des photos décentes à l'extérieur de l'église dans ces conditions.


Côté mairie, ça n’est pas franchement plus emballant : la route sur laquelle elle donne est en train d’être refaite, et des barrières orange vif (couleur ô combien discrète et élégante) ont été placées le long de la voie, longeant les façades et laissant un espace d’environ un mètre de trottoir devant la mairie. Sur le trottoir d’en face, un trou béant est surmonté d’une énorme grue. Cela n'impactera pas du tout les photos à l'intérieur du bâtiment, mais je m'interroge pour ce qui est de l'extérieur.


Deux constats s’imposent à moi : d'abord, il est impossible de prendre des photos des invités en dehors de la mairie sans devoir composer avec cet arrière-plan affreux - c'est problématique, mais pas dramatique ; ensuite, et c'est là que je m'inquiète, le placement des barrières rend très difficile, voire impossible, le placement des invités si je veux faire une haie d'honneur à la sortie de mairie des mariés. A moins d'entasser les gens façon mêlée de rugby, mais ça n'est pas forcément l'esprit de la journée.

Détail particulier : l'accès à la salle de la mairie se fait par un escalier extérieur, ce qui en l'occurence me sert bien car ça me permet des photos dénuées de l'arrière-plan des travaux.


Ne voyant aucune solution acceptable dans un tel environnement, je propose aux mariés d’organiser la haie d’honneur une fois tout le monde revenu.


Il y a sans doute un peu de déception pour Ludovic et Sarah, et je les comprends, car ils auraient peut-être souhaité respecter la tradition et avoir une photo de leur sortie de mairie "sur le vif", entourés de leur famille et de leurs amis. Cependant, je ne pense pas qu'il soit souhaitable de "forcer" les choses si l'environnement ne s'y prête pas. Et puis quoi que je fasse, ces barrières oranges sont impossibles à dissimuler. Elles sont pensées pour être visibles afin d'indiquer les travaux en cours et c'est un pari tout à fait réussi : elles sont inratables. Je laisse évidemment le choix aux mariés - mon avis n'est que consultatif - mais ils semblent partager mon opinion : tous constatent que les travaux omniprésents rendent la cohabitation difficile. 


Le château de Thouaré est une jolie demeure en forme de L qui donne, à l'avant et à l'arrière du bâtiment, sur un parc. La terrasse où se réunissent les invités fait face à un petit pont en bois, assez large, qui enjambe un cours d’eau. Parfait ! J’installe les invités de part et d’autre le long du pont et, si la haie d'honneur ainsi formée n'est effectivement pas spontanée, je suis très contente du résultat.

Sur la photo de la haie d'honneur, nulle trace de barrières fluos : Ô joie !


L’autre particularité du château, qui se révèle aussi très intéressante du point de vue de la photographie, réside dans le fait qu'il est loué entièrement meublé. Lors de l'organisation de mon propre mariage, j'ai visité beaucoup de lieux potentiels : corps de fermes, jolie demeure au cœur d'un grand parc... Toutes partagent la particularité de proposer à la location des pièces entièrement vides. Aussi joli soit l'écrin de verdure dans lequel elles se posent, difficile de se projeter dans un endroit fait de grandes pièces aux plafonds hauts et aux murs sans décoration. Le château de Thouaré propose à la location des pièces meublées, notamment un petit salon abritant un piano à queue, une cheminée, de lourds fauteuils en cuir et même un billard.

L'ensemble donne à la pièce un côté ancien et chaleureux qui se prête bien à l'atmosphère de la journée.


Je louais cet avantage lors de mon mariage ; j'en bénéficie tout autant en tant que photographe. Les invités peuvent prendre place près du piano, jouer au billard, discuter sur les fauteuils... Cela donne au reportage photo une variété de clichés intéressante, et c'est amusant en tant que photographe d'observer des gens jouer au billard, s'essayer au piano ou s'affaler sur les fauteuils.


Pour la séance couple des mariés, nous avons accès au jardin mais également à un escalier - mon coup de cœur de la journée - qui présente la particularité de longer un immense miroir, ce qui me permet quelques clichés de reflets que j'aime beaucoup. J'en profite pour saluer l'investissement moral d'Aline, qui est la responsable du château, et qui s'est assurée d'un nettoyage total des miroirs - elle a aussi ciré le parquet ce qui, le jour de mon propre mariage, a fait chuter ma belle-mère. Pas de chute aujourd'hui : on progresse !

Après le traditionnel lancer de bouquet de la mariée, le marié, qui fait du basket, organise un lancer de ballon sur le même principe. J'aime beaucoup l'idée, car il est vrai que très souvent les activités et animations de mariage se concentrent sur la mariée, ce qui est un peu dommage. Ce qui m'amuse, surtout, c'est le contraste saisissant entre les jeunes femmes qui n'osent pas trop se bousculer pour attraper le bouquet, handicapées par leurs hauts talons et leurs robes, et les garçons qui n'hésitent pas à faire une mêlée pour attraper le ballon.

C'est un pogo.


L'ouverture de bal des mariés se fait dans l'un des salons du château : les murs blancs sont par endroits couverts d'un motif blanc et rouge assorti aux rideaux de la pièce.

Je suis très vite épatée par la qualité d'exécution de la danse d'ouverture des mariés : ils alternent différentes musiques, passant de la valse au rock et même à un morceau de la chorégraphies de Dirty Dancing. Je n'ose songer au temps de préparation qu'il a fallu pour parvenir à ce résultat.

Côté modèles, je photographie évidemment les enfants de la noce - on ne se refait pas. Je fais la connaissance d'Oscar et Martin, deux petits garçons très mignons et tout à fait épuisants. Ils ne se sont jamais vus avant le mariage, deviennent amis en trente secondes, ne se lâchent pas de toute la journée, et se révèlent d'une endurance redoutable. Ils courent, crient, jouent, renversent la nourriture sur le tapis, courent encore, s'assoient dix secondes, repartent... Rien que les regarder me fatigue. Vers 23h30, quand je quitte à mon tour le lieu de la noce, toute engourdie au niveau des cuisses à force de m'accroupir pour prendre les photos, je croise Oscar, toujours en train de courir et visiblement très en forme malgré l'heure avancée.


Décidément, je vieillis.





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